Stalking, harcèlement, importunité
La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a dit que les États ont l’obligation de prévoir, dans leur législation, des normes protégeant contre les actes de harcèlement en ligne (M.Ș.D. contre Roumanie du 3 décembre 2024, requête N° 28935/21).
Depuis le 1er janvier 2026, le harcèlement est un délit pénal poursuivi sur plainte et passible d’une peine privative de liberté de 3 ans au plus ou d’une peine pécuniaire (art. 181 b CP). La plainte doit être déposée dans le délai maximum de 3 mois (art. 31 CP).
Le comportement pénalement répréhensible est souvent désigné par le terme anglais de Stalking ce terme anglais signifie harceler, traquer et/ou importuner une personne (lui « pourrir la vie »), et comprend donc deux éléments : d’une part, un « harcèlement obsessionnel » et, d’autre part, une victime désécurisée ou importunée, d’une façon ou d’une autre, notamment par :
- Des tentatives d’intimidation de toutes sortes
- L’empiètement dans la vie privée, l’environnement, le logement ou la propriété de la victime
- Une filature
- L’espionnage
- Le harcèlement de toutes sortes
- Physique
- Par des visites inopinées et répétées au travail ou au domicile
- Par la remise de cadeaux multiples
- Par la simple présence répétée aux mêmes endroits, mettant la victime dans l’embarras ou l’inquiétude, voire le désemparement ou le désarroi lié au sentiment d’insécurité ou de menace potentielle ainsi créé
- Ou virtuel
- Par des contacts répétés et insistants
- Par téléphone ou des moyens électroniques tels que des e-mails ou par les réseaux sociaux
- Physique
Avant l’introduction de l’article 181 b CP, soit avant le 1er janvier 2026, le Tribunal fédéral, traitait le stalking (et les condamnations pénales en résultant) par application de l’art. 181 CP réprimant la contrainte (6B_1238/2023 consid. 1.1.1).
Voir par exemples :
- Envoi continuel de courriels, de tracts, de messages via Facebook, dégradation de la boite aux lettres, poursuite physique au théâtre (plusieurs fois), graffitis sur l’immeuble, pour obtenir une nouvelle discussion, le tout pendant quelque dix mois (ATF 141 IV 437 consid. 3.3).
- Présence à 129 reprises sur un parking de l’entreprise après un licenciement pour provoquer une discussion avec des dirigeants de l’entreprise, sur une période de 14 mois (ATF 129 IV 262 consid. 2).
- Voir aussi, l’exemple pathétique donné par l’arrêt 7B_107/2025 (dépendance à l’alcool, menaces répétées, harcèlement de toutes sortes, multiples incarcérations et multiples récidives).
Mais l’art. 181 du Code pénal réprimant la contrainte ne couvre pas toutes les situations de stalking de sorte qu’il était nécessaire de le compléter par un nouvel article 181b, couvrant plus précisément tous les aspects du stalking.
Voir aussi d’autres exemples à la page violences.